01.03.2009

ralé poussé

Je suis entré dans la boutique l’air mauvais, les épaules en dedans et les mains dans les poches.

…Journée mauvais poil où tout vous fait chier et rien ne peut aller…

J’ai tout de suite shooté dans une petite bagnole en plastique : ça commençait mal !

Au comptoir, le patron discutait avec un client, c’est l’habitude ici et je prenais mon mal en patience même si j’étais pressé qu’on me serve.

 

Beaucoup de « zoreil » ne comprennent pas ce genre de situation et s’énervent de devoir attendre alors qu’on pourrait les servir.

Certains ronchonnent, ce qui à pour effet de ralentir encore plus le service au lieu de l’accélérer. Après tout, ils n’ont qu’a rester « chez eux » s’ils ne comprennent pas comment est la vie sous les tropiques.

C’est un fonctionnement différent, sans doute une éducation à refaire. Pourquoi vouloir toujours aller vite et oublier le temps d’apprécier ?

 

Bref j’étais là bouillonnant à attendre qu’on veuille bien prendre ma commande et mon tour d’être servi.

J’étais mauvais et j’avais pas envie d’apprécier !

Je voulais boire un verre et puis deux, voir même trois et tant pis si ça n’enlève rien à la peine en dedans, je voulais me shooter !

J’étais à la table face à face avec mon verre que je regardais et serrais comme si j’avais peur qu’on me le prenne. Je m’imbibais nerveusement par saccades attendant que la douce torpeur alcoolisé m’enveloppe rapidement les neurones.

J’avais de la rage à faire passer.

Puis il est venu prés de moi avec sa petite voiture en plastique.

Il l’a fait roulé sur la table, l’a lancé vers moi. Je lui ai renvoyé, il a recommencé.

On a joué comme ça pendant un moment, on a parlé, il m’a posé des questions idiotes, des questions difficiles à répondre.

C’est con un môme, il suffit d’une caresse ou d’une parole pour qu’il vous aime déjà.

J’avais oublié mon air mauvais, mes épaules en avant et mon verre encore plein.

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*le ralé poussé en créole Réunionnais est une dispute, une altercation, un début de bagarre: ralé = tirer

26.02.2009

Comme tous les sosies sont !

Se connaître soi semble ne pas être suffisant et même si notre conscience sait que cette connaissance de soi est perfectible, notre vision des choses prend en compte le point de vue de ceux qui nous entoure.

Ce qui revient à dire que : entre ce que pense de nous notre entourage et ce que nous pensons leur montrer il y a divergence.

 

 

Mais savons nous vraiment qui nous somme ?

 

Ah bon ?

T’es qui toi ?

 

Déjà, au début, on apprend à se connaître, on fait des erreurs et puis on comprend que c’est pas ça !

 

Exemple : Bébé on se suce l’orteil, on se casse la gueule dés qu’on tente les premiers pas, certains même gouttent leur caca..

Beurk !

 

Adulte on pourrait penser que c’est moins pire et pourtant…

 

Je te regarde tous les matin dans la glace, tu me montre tes fesses, ton gras et tes imperfections, j’endure tes flatulences immondes et je ne sais pas qui tu es ?

Si j’écoute les rumeurs je dois mettre mes mains occultes et croire que nous sommes deux.

 

Emoi 

 

Il y aurait donc moi et d’après eux il y aurait l’autre, celui qu’ils pensent que je suis moi.

 

Question : Est ce que je suis vraiment moi quand je suis avec eux ?

Suis je celui là ou bien celui ci ?

 

Ne serais je pas un peu des deux ?

A la fois celui auquel je pense être et celui que vous pensez que je suis ?

 

Suis je bi ?

je me tâte.. ah non vous allez encore penser des trucs..

 

25.02.2009

cliché

Je regardais les photos d’elle, essayais de surprendre une pensée, comprendre ce qui se passait dans sa tête à ce moment là.

J’essayais de la connaître.

Je l’avais pris, je l’avais surpris et avec le recul, la distance, le temps figé du moment que j’avais sous les yeux, je tentais de comprendre.

(…)

Là une expression de bouche, ici un regard perdu, tout me semblait indice.

 

…Pourquoi tenait elle sa main fermée, pourquoi ce sourire perdu ?…

 

Je passais des heures à examiner, comparer, formuler des hypothèses en déduire quelque chose qui me rassurerait.

Qu’est ce que je cherchais donc ?

J’effeuillais l’album passé de moments arrêtés, gelés par l’image cliché, mon orientation, ma prise de vue.

J’en oubliait le pourquoi.

Qu’avais je donc cherché à prendre dans cette photographie ? Et pourquoi aujourd’hui essayais-je de le décrypter ?

 

Tant d’images passées

Tant d’idées préconçues

Tant de visions figées

Tant d’illusions perdues..

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